Financement des PME : certaines propositions du Medef entendues
« Lors de la remise du « Prix de l’Audace créatrice », le Président dela République a rendu hommage à l’esprit d’entreprise », constate le Medef dans un communiqué.
« Le développement et la compétitivité de nos TPE, PME et ETI constituent une des clés du retour de notre pays sur le chemin de la croissance. C’est pourquoi il est essentiel d’adopter et d’exiger la « PME Attitude » et de mettre ce principe au cœur de la vie économique et sociale de notre pays », rappelle l’organisation entrepreneuriale.
« Le Medef se félicite d’avoir été entendu sur le maintien des dispositifs ISF-PME et IR-PME essentiels pour le renforcement des fonds propres des entreprises. Par ailleurs, le Président dela République a annoncé une réforme du PEA et de la fiscalité de l’épargne pour mieux orienter les capitaux vers les entreprises, ainsi que le proposait le Medef », relève-t-il.
Tous « les dispositifs qui existent aujourd’hui en faveur de l’investissement dans les PME seront maintenus durant le quinquennat », a annoncé hier François Hollande lors de la remise du Prix de l’Audace créatrice qui récompense chaque année une PME performante. « Ça vaut pour les souscriptions au capital d’une PME au titre de la déduction pour l’impôt sur le revenu comme pour l’impôt sur la fortune », a-t-il précisé. Il a souligné vouloir assurer ainsi une « stabilité fiscale » car, selon lui, « rien n’est pire que les changements incessants de dispositifs et de régimes, de douter de la pérennité d’un mécanisme, de penser qu’il y a un effet d’aubaine qui doit être saisi parce que la donne peut être modifiée ».
Constatant que « l’accès des PME au marché des actions reste insuffisant », le président de la République a aussi « demandé au gouvernement de préparer une réforme de l’épargne financière ». Son objectif sera de « mobiliser davantage les placements des Français vers les produits longs et notamment vers les placements en actions dans les petites et moyennes » entreprises, a-t-il ajouté. Cette réforme pourrait s’inscrire dans « le cadre du PEA », a-t-il précisé. A l’heure actuelle, le plan d’épargne en actions (PEA) permet d’investir en bénéficiant d’exonérations d’impôt sur les dividendes et les plus-values, à condition de conserver son PEA pendant au moins cinq ans. Il est plafonné à 132 000 euros.
Le chef de l’Etat a par ailleurs renouvelé son engagement à « restaurer la compétitivité pour la croissance » mais « pas la compétitivité pour la compétitivité » ou « la rentabilité pour la rentabilité ». Il s’agit, a-t-il expliqué, « d’allier compétitivité, performance, exportations et emplois » pour assurer « notre place dans la mondialisation, notre capacité à localiser des emplois » en France. « C’est vrai que ces défis paraissent parfois contradictoires : sera-t-il possible d’assurer le sérieux budgétaire avec les conséquences fiscales qui vont avec et la compétitivité » ou « avec l’obligation d’avoir une croissance riche en emplois », s’est-il interrogé. « Oui, nous pouvons concilier ces objectifs à condition d’avoir une stratégie de redressement productif et financier », a-t-il assuré devant les chefs d’entreprises, même si « nos intérêts ne sont pas toujours les mêmes ».
LES ECHOS page 3, LE FIGARO page 17, AFP, REUTERS, LA CORRESPONDANCE ECONOMIQUE.
« Encore un effort Monsieur le Président ! », lance à la « Une » du FIGARO Gaëtan de Capèle dans son éditorial. « C’est encore loin d’être une idylle, mais un signe d’apaisement bienvenu », relève avec satisfaction l’éditorialiste. Ainsi, « après en avoir dit pis que pendre, le président de la République reçoit désormais les chefs d’entreprise à l’Elysée. Non plus en catimini, mais au vu et au su de tous. Non pour les accabler, mais pour les encourager. Pour célébrer leur audace créatrice. Pour leur dire qu’il a besoin d’eux pour lutter contre le chômage », précise-t-il. « Le problème est que les chefs d’entreprise, qui se frottent quotidiennement aux réalités de la guerre économique, attendent patiemment, mais en vain, que les actes suivent les discours. Et vite ! La situation, notamment dans l’industrie, se dégrade à une vitesse inquiétante et chaque jour qui passe est un jour perdu », rappelle Gaëtan de Capèle. Or, « que constatent-ils ? Que de sommets en conférences, de missions en commissions, le « choc de compétitivité » dont a besoin le pays attend toujours. Que le grand soir de la réglementation sociale, qui sclérose le marché du travail, est dans les limbes. Que l’intrusion systématique et hostile de l’État dans la gestion des entreprises, comme chez Unilever ou chez PSA, fait fuir les investisseurs et nuit à l’attractivité de la France », souligne l’éditorialiste. « Les chefs d’entreprise constatent surtout – « avec effroi », dixit Laurence Parisot – que l’amabilité retrouvée du chef de l’État a un prix : 10 milliards d’euros seront prélevés dans leurs caisses au titre du budget 2013. Si l’on y ajoute les 10 milliards supplémentaires ponctionnés sur les particuliers, il n’est pas sûr que le gouvernement ait choisi la meilleure solution pour stimuler la consommation, l’investissement, la croissance et l’emploi ».
Zone euro : l’activité s’est dégradée davantage que prévu en septembre
En septembre, l’activité de la zone euro a enregistré sa plus forte contraction depuis juin 2009. L’indice PMI des directeurs d’achats du secteur privé s’est inscrit à 45,9 points après 46,3 points en août, selon l’estimation publiée par la société Markit. Un indice en dessous de 50 témoigne d’un recul de l’activité économique. « La région semble donc replonger dans une récession », affirmait hier Chris Williamson, chef économiste chez Markit.
Deux éléments ressortent de cette enquête menée chaque mois auprès des entreprises et marquée, selon ses responsables, par « un renforcement du pessimisme ». En premier lieu, la détérioration de l’activité en France – avec des commandes à l’industrie en net recul – où l’indice s’est nettement dégradé, passant de 48 points en août à 44,1 points en septembre, son niveau le plus bas depuis 41 mois. L’écart se creuse ainsi avec l’Allemagne dont l’indice s’est amélioré en septembre. Les économistes notent toutefois que les nouveaux contrats continuent à se faire attendre et que l’emploi faibli.
L’autre fait marquant de cette enquête tient à la divergence des deux composantes de l’indice PMI de la zone euro : d’un côté la composante manufacturière est légèrement remontée (à 46 points contre 45,1 points) mais de l’autre, celle des services a affiché son plus fort repli depuis juillet 2009. Ces mauvais indicateurs font désormais craindre une fin d’année plus dure que prévu. LES ECHOS page 8, LE FIGARO page 18.
Guido Westerwelle : « l’Europe voit la lumière au bout du tunnel »
Dans une interview au FIGARO (page 1-6), le ministre allemand des Affaires étrangères appelle à la discipline et à l’optimisme.
« L’évolution de la situation est positive. Il y a du progrès en Irlande et au Portugal. En Italie, le gouvernement a introduit des réformes courageuses. La compétitivité de la Grèce est en hausse, malgré une situation qui reste très difficile. Et l’Espagne vient de réussir à placer des obligations souveraines à des taux d’intérêt favorables », relève Guido Westerwelle. Pour lui, « c’est le résultat d’un mélange de solidarité, d’une politique orientée sur la croissance et de réformes ». En Allemagne, poursuit-il, « des décisions importantes ont été prises, avec notamment le feu vert de la Cour constitutionnelle au MES. Les élections aux Pays-Bas ont montré que la raison l’a emporté sur le populisme anti-européen. Et les décisions de la BCE sont de nature à contribuer à la sortie de crise ».
Ainsi, juge le ministre allemand des Affaires étrangères, « le mois de septembre peut devenir un tournant dans la crise de la dette. C’est pourquoi je crois que l’on voit poindre la lumière au bout du tunnel ». En règle générale, estime Guido Westerwelle « nous devons réapprendre à nous ouvrir aux bonnes nouvelles en Europe » où « nous nous complaisons dans le doute » alors que sur d’autres continents, « la confiance en soi s’est fermement installée ». Car « il ne faut pas négliger l’aspect psychologique de la dette », juge le chef de la diplomatie allemande. « L’Europe doit montrer au monde qu’elle croit en son modèle et qu’elle est capable de le défendre ». Et aujourd’hui, « nous décidons pour les décennies à venir si l’Europe sera un continent vieillissant ou un continent capable de s’adapter aux nouveaux défis ». Guido Westerwelle en est convaincu : « nous ne pourrons préserver notre modèle social et écologique qu’en renforçant notre compétitivité. Le savoir et l’éducation sont notre principal richesse et la clé de notre réussite ».
En attendant, le ministre allemand des Affaires étrangères se dit toujours opposé à la mutualisation des dettes. « L’Allemagne est un pays fédéral depuis plus de 60 ans et nous sommes réunifiés depuis 22 ans. Et, jusqu’à ce jour, il n’existe pas de mutualisation de la dette entre nos Länder, ni avec l’Etat fédéral », souligne Guido Westerwelle. « Il peut y avoir et il y a en Europe une aide ciblée, pour des pays qui connaissent des difficultés. Mais une mutualisation des dettes mettrait l’Europe en danger. Chacun doit porter la responsabilité de ses décisions ».








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